Climat et contexte politique

Subtitle: Changement climatique mondial et politiques mondiales

Introduction

Depuis la publication du QSR 2010 OSPAR, le Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC, 2015) a publié son 5ième rapport d’évaluation, représentant une synthèse de l’état actuel de la perception des impacts du changement climatique et de son adaptation. Le rapport conclut « les observations scientifiques révèlent aujourd’hui, avec 95% de certitude, que les activités humaines sont la cause prédominante du réchauffement relevé depuis la moitié du XXème siècle ». Le rapport confirme que « le réchauffement du système climatique est sans équivoque, nombre des modifications observées étant sans précédent au fil des décennies et des millénaires: réchauffement atmosphérique et océanique, réduction de la neige et de la glace, élévation du niveau de la mer et augmentation des concentrations de gaz à effet de serre ». Le rapport révèle qu’il est fort probable que la période de 30 ans, de 1983 à 2012, soit la plus chaude des 1400 dernières années dans l’hémisphère Nord. Il déclare ensuite « plus les activités humaines perturbent le climat, plus grand est le risque d’impacts graves, généralisés et irréversibles pour l’homme et les écosystèmes et de modifications à long-terme de tous les composants du système climatique » et que « la redistribution mondiale des espèces marines et la réduction de la biodiversité marine dans les régions sensibles présenteront des problèmes pour la productivité durable de la pêche et les autres services des écosystèmes, étant donné le changement climatique projeté d’ici le milieu du XXIème siècle et au delà ».

2011–2016

Toutes les 16 années du XXIème siècle figurent à ce jour dans les 15 années les plus chaudes (y compris 2 à égalité pour la 16ième place, la seule autre année étant 1998), sur la base des relevés, allant jusqu’à 1880, des températures mondiales moyennes annuelles à terre et en mer. Les années 2016, 2015, 2014 and 2013 sont les 1ière, 2ième, 3ième et 5ième années les plus chaudes depuis le début des relevés, les années 2015 et 2016 ayant eu des températures 0,9°C au dessus de la moyenne du XXème siècle. Les records de température des océans, influencées par le puissant phénomène El Niño, sont principalement responsables de la moyenne annuelle des températures en 2015. Le phénomène d’oscillation australe El Niño (ENSO) est un type de variabilité climatique qui se produit dans le Pacifique mais a des impacts à l’échelle mondiale car il a des connections ou des corrélations avec d’autres phénomènes météorologiques ou autres phénomènes environnementaux éloignés. Les phénomènes ENSO sont irréguliers mais ont tendance à se produire selon un cycle de deux à cinq ans, causant des variations climatiques interannuelles dans le monde entier et, durant sa phase positive, entraînant une élévation de la température moyenne mondiale.

Au delà de 2016

Le GIEC, prévoyant le changement climatique dans le cadre de scénarios pour une série d’émissions de CO2 jusqu’en 2100, a indiqué qu’il est probable que la modification de la température de surface moyenne mondiale d’ici 2081 à 2100 soit de 0,3 à 1,7°C dans le cadre d’un scénario d’émissions de CO2 les plus faibles et atteindrait 2,6 à 4,8°C dans le cadre du scénario d’émissions les plus élevées (par rapport à la moyenne pour 1961 à 1990). Le GIEC prévoit que le réchauffement de la région arctique va se poursuivre plus rapidement que la moyenne mondiale.

Ces dernières années, des études ont commencé à démontrer le potentiel de prédictions ou prévisions climatiques compétentes couvrant des périodes allant de saisons à des décennies, qui comprennent une variabilité naturelle à court terme de même que les effets du changement climatique à long terme. Le Met Office du Royaume-Uni publie en janvier des prévisions de la température mondiale pour les cinq années à venir. Les prévisions de 2016 indiquaient que l’on pourrait s’attendre à une température moyenne mondiale pour la période de cinq ans de 2016 à 2020 supérieure de 0,28 à 0,77°C à la moyenne pour la période de 1981 à 2010 (avec un niveau de confiance de 90%). Il a souligné, dans le cadre de cette moyenne mondiale, le potentiel de variations régionales indiquant que la région de tourbillon subpolaire de l’Atlantique Nord (partie des régions de l’Atlantique au large et des eaux Arctiques) pourrait être relativement fraîche au cours des cinq prochaines années.

 

Atténuation du changement climatique

La Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique (CCNUCC) joue le rôle d’instrument mondial permettant de convenir de traités contraignants afin de limiter les émissions de gaz à effet de serre et de déterminer des cibles pour le niveau d’ensemble du réchauffement planétaire. L’Accord de Paris, adopté lors de la 21ième Conférence des Parties des Nations Unies, le 12 décembre 2015, a pour objectif de « contenir l'élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2°C et poursuivre l'action menée pour limiter l'élévation de la température à 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels ». L’Accord de Paris, en limitant les émissions de CO2 et donc l’élévation correspondante de la température, peut également réduire potentiellement le degré d’acidification des océans (Bopp et al., 2013; Williamson et al., 2017).

Objectif du développement durable

Les Nations Unies ont adopté en 2015, l’Agenda 2030 pour le développement durable et les objectifs de développement durable. Il existe 17 objectifs de développement durable (ODD) et cibles correspondantes, ODD 14 se focalisant sur les océans. L’ODD 14 consiste à « conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable ». Il y a sept cibles correspondantes, la cible 14.3 étant de « réduire au maximum l’acidification des océans et lutter contre ses effets, notamment en renforçant la coopération scientifique à tous les niveaux ». Les Parties contractantes OSPAR se sont engagées à mettre en œuvre l’agenda 2030 et ses ODD correspondants.

Climat et OSPAR

La Stratégie OSPAR pour le milieu marin de l’Atlantique du Nord-Est de 2020 déclare que « les premiers effets du changement climatique et de l’acidification des océans sont apparents dans l’ensemble de la zone maritime OSPAR et les pressions sur le milieu marin exercées par le changement climatique et l’acidification des océans vont augmenter ». Conformément à cette stratégie, OSPAR surveillera et évaluera la nature, l’intensité et l’étendue des effets du changement climatique et de l’acidification des océans sur le milieu marin et envisagera comment y réagir de manière pertinente.

Le QSR 2010 a signalé la vulnérabilité de la région Arctique et de ses écosystèmes marins au changement climatique et à l’acidification des océans. Le point focal d’OSPAR concernant la protection des eaux arctiques a des répercutions bien au delà de la région elle-même, l’AMAP (2017) indique que l’Arctique « joue également un rôle important, à l’échelle mondiale, dans le climat et la météorologie, l’élévation du niveau de la mer et le commerce, ce qui signifie que les impacts dans l’Arctique se répercutent bien au sud du cercle arctique ».

Climat et la Directive cadre stratégie pour le milieu marin

La Directive cadre stratégie pour le milieu marin de l’Union européenne a été rédigée sachant que les écosystèmes marins sont dynamiques. Cette Directive exige que l’on considère le climat et la variabilité environnementale. Le préambule de la Directive déclare « Compte tenu du caractère dynamique des écosystèmes marins et de leur variabilité naturelle, et étant donné que les pressions et impacts auxquels ils sont soumis peuvent varier en fonction de l’évolution des activités humaines et de l’incidence des changements climatiques, il importe de reconnaître que la définition du bon état écologique pourrait devoir être adaptée au fil du temps ». La Directive comprend donc des exigences quant à l’identification de causes des modifications dans le cadre des programmes de surveillance; à l’évaluation des modifications majeures des conditions environnementales; et à l’inclusion de la variabilité naturelle et des conditions climatiques dans les évaluations des caractéristiques, pressions et impacts. La surveillance et la perception des modifications de plus grande ampleur au sein des écosystèmes peuvent permettre d’interpréter les données sur lesquelles se focalisent les évaluations du bon état écologique. Pour toute information complémentaire portant sur des questions interdisciplinaires liées au changement climatique et à la variabilité climatique, se reporter à la section questions interdisciplinaires sur le Changement climatique et la DCSMM.