Climat et biodiversité marine

Impacts climatiques sur les indicateurs de la biodiversité et des écosystèmes

Introduction

Les modifications récentes du climat océanique, en particulier l’élévation de la température de la mer, ont été liées aux modifications de la répartition, l’abondance et la phénologie des espèces marines dans l’ensemble de la zone maritime OSPAR. Le changement climatique est un facteur important entraînant des modifications de la répartition, de l’abondance et de la saisonnalité du milieu vivant marin dans l’ensemble de la Zone maritime OSPAR. Le rapport de NOSCCA (Brander et al., 2016) décrit les effets biotiques d’un climat océanique changeant du point de vue de: « la physiologie, la reproduction, la croissance, la survie, le comportement et le transport des individus; la répartition, les dynamiques et l’évolution des populations; et la structure trophique et le couplage (par exemple couplage benthique-pélagique) des écosystèmes ». Le rapport indique néanmoins que de telles réactions ne sont pas toujours directes et faciles à lier à des paramètres climatiques distincts.

Cette section se focalise sur la méthode d’identification du climat océanique dans le cadre des évaluations d’indicateur réalisées pour l’IA 2017. Les liens avec le climat indiqués dans les évaluations sont repris dans les tableaux 3 et 4 afin de donner un aperçu préliminaire des problèmes potentiels. Cette analyse préliminaire permettra également d’indiquer le point de départ des évaluations futures afin d’aborder certains liens entre le changement climatique et l’acidification des océans et l’indicateur concerné.

Dans le cas des grands prédateurs (mammifères marins, oiseaux de mer) les impacts directs du changement climatique ne sont pas bien établis et les effets sont essentiellement relevés grâce aux impacts sur les habitats et les espèces proies. Par exemple, les impacts des conditions environnementales changeantes sur les espèces fourrages (par exemple, lançon, sprat) ainsi que les pressions historiques exercées par la pêche limitent probablement le succès de la reproduction de certaines espèces d’oiseaux de mer (par exemple la mouette tridactyle). Les évaluations soulignent que certaines espèces de mammifères marins sont sensibles à la température, il a été relevé en particulier que le dauphin bleu et blanc préfère la chaleur (de 21 à 24°C). On pense que la présence observée du dauphin commun à bec court dans la mer du Nord au sens large est liée à l’OAN et aux eaux plus chaudes de la mer du Nord septentrionale.

A la base du réseau trophique, les conditions environnementales changeantes affectent l’abondance et la répartition des espèces phytoplanctoniques. Le phytoplancton est très sensible aux changements des conditions physiques et chimiques (température, salinité, lumière disponible, nutriments, pH, tempêtes, courants) ainsi qu’à la disponibilité de l’oxygène et du CO2. Des modifications des aspects essentiels de la fonction des écosystèmes sont indiquées, des effets qui en découlent se produisant à un niveau plus élevé du réseau trophique.

Des modifications sont évidentes dans l’ensemble de l’Arctique (AMAP, 2017). La réduction de l’épaisseur et de l’étendue des glaces de mer ainsi que les modifications du moment de la fonte de la glace, affectent la biodiversité et les écosystèmes marins; modifiant l’aire de répartition des espèces arctiques; augmentant la présence d’efflorescences algales; entraînant des modifications du régime alimentaire des mammifères marins et modifiant les rapports prédateur-proie, l’exploitation des habitats et les profils de migration.

Certains rapports ont souligné la possibilité pour un Arctique exempt de glace de permettre la prolifération d’espèces non indigènes dans l’Atlantique du Nord-Est mais dans l’ensemble les forces motrices du climat océanique ne sont pas directement responsables de l’introduction proprement dite d’espèces non indigènes. Un réchauffement pourrait cependant rendre les conditions environnementales plus favorables à l’établissement et la prolifération d’espèces introduites.

On note, dans le cas des habitats benthiques, l’importance des effets cumulatifs de toute une gamme de pressions et qu’il est difficile de démêler les effets de diverses pressions. Ce problème est rendu plus compliqué par les impacts du changement climatique et ses effets sur l’abondance des espèces, les propriétés du substrat et de l’eau et les pressions (par exemple perturbations causées par les tempêtes).

OSPAR a identifié, dans le QSR 2010, la menace essentielle que présente l’acidification des océans pour la biodiversité et les écosystèmes marins dans la zone maritime OSPAR. Aucune évaluation cependant n’identifie pour l’heure l’acidification des océans à titre d’élément important des modifications de l’état actuel des indicateurs communs. La documentation scientifique plus générale a identifié des réactions complexes au changement du pH des océans et en prévoit. Le SGOA a indiqué que les modifications de la saturation en aragonite (voir la section sur le pH) dans les habitats d’eaux profondes de la zone maritime OSPAR « pourraient entraîner des dégâts irréversibles, notamment la perte d’habitats, au détriment de la fonction écologique et de services importants fournis par ces écosystèmes ».

Diversité biologique et écosystèmes: Etat et répartition des espèces

Le tableau 3 souligne comment et où le climat océanique a été identifié dans le cadre des évaluations des indicateurs communs de l’IA 2017 portant sur la biodiversité et les écosystèmes tels qu’évalués en se fondant sur l’état et la répartition des espèces dans la zone maritime OSPAR. La troisième colonne détermine certaines répercussions potentielles du changement climatique liées à ces évaluations d’indicateurs.

Diversité biologique et écosystèmes: Habitats et réseaux trophiques

Le tableau 4 souligne comment et où le climat océanique a été identifié dans le cadre des évaluations des indicateurs communs de l’IA 2017 portant sur la biodiversité et les écosystèmes tels qu’évalués en se fondant sur les habitats et les réseaux trophiques dans la zone maritime OSPAR. La troisième colonne détermine certaines répercussions potentielles du changement climatique liées à ces évaluations d’indicateurs.