Troisième rapport intégré OSPAR sur l’état d’eutrophisation de la zone maritime OSPAR, 2006-2014

D5 - Eutrophisation

D5.1 – Niveaux des nutriments

D5.2 - Effets directs de l’enrichissement en nutriments

D5.3 - Effets indirects de l’enrichissement en nutriments

Message clé:

L’état d’eutrophisation de la zone maritime OSPAR s’est amélioré depuis 1990 mais on relève encore la présence d’eutrophisation dans 7% de la zone évaluée. Les zones concernées se situent principalement dans des parties du sud-est de la mer du Nord au sens large et dans certaines eaux côtières de la mer Celtique et du golfe de Gascogne.

Zone Évaluée

Récapitulatif Imprimable

Contexte

L’objectif stratégique d’OSPAR, en ce qui concerne l’eutrophisation, est de lutter contre l'eutrophisation dans la zone maritime OSPAR, ceci dans le but ultime, de parvenir à et de maintenir un milieu marin sain exempt d'eutrophisation anthropique. OSPAR réalise des évaluations périodiques de l’état d’eutrophisation car un excès de nutriments dans le milieu marin peut entraîner des problèmes pour les écosystèmes (Third OSPAR Integrated Report on the Etat d’eutrophisation of the Zone maritime OSPAR).

L’eutrophisation est le résultat d’un enrichissement excessif des eaux en nutriments. Un enrichissement excessif des eaux marines en nutriments peut entraîner des efflorescences algales (phytoplancton), causant éventuellement des perturbations indésirables de l’équilibre des organismes dans les écosystèmes marins et de la qualité de l’eau en général (Figure 1).

L’identification des liens de causalité entre ces perturbations (telles que des modifications des habitats et de la biodiversité, des efflorescences d’algues ou de macroalgues nuisibles, une diminution de la transparence de l’eau et des modifications du comportement du poisson et d’autres espèces, ou même leur mortalité) et l’enrichissement en nutriments est compliquée par la présence d’autres pressions. Les effets cumulatifs, notamment le changement climatique, peuvent avoir des effets similaires sur les communautés biologiques et l’oxygène dissous, rendant encore plus difficile la démonstration des liens de causalité.

On détermine l’eutrophisation en utilisant des critères harmonisés OSPAR des apports de nutriments, teneurs et ratios, teneurs en chlorophylle-a, espèces phytoplanctoniques indicatrices, macrophytes, niveaux d’oxygène dissous, présence de mortalité du poisson et modifications du zoobenthos. Il n’existe pas d’indicateur unique des perturbations causées par l’eutrophisation marine et OSPAR applique donc une méthode à plusieurs étapes utilisant les critères harmonisés. On considère qu’une eutrophisation s’est produite si des signes indiquent que l’enrichissement en nutriments cause des effets directs et indirects (Figure 1).

Figure 1: Illustration simplifiée de l’eutrophisation

Results

La détermination de l’état d’eutrophisation de la zone maritime OSPAR se fonde sur les évaluations nationales réalisées par neuf pays, à partir de la Procédure commune OSPAR. Les eaux sont classées selon trois catégories : les zones à problème, les zones à problème potentiel et les zones sans problème d’eutrophisation.

Dans les zones côtières, les fleuves sont les principales sources de nutriments, causant souvent des zones à problème d’eutrophisation dans les estuaires, les fjords et les baies correspondants et dans les zones affectées par les panaches fluviaux. Certaines de ces zones sont particulièrement sensibles aux nutriments, stimulant la croissance des plantes (notamment la croissance du phytoplancton, mesurée en fonction des teneurs élevées en chlorophylle le long de nombreuses côtes de la mer du Nord et dans le courant côtier stratifié norvégien. Les retombées atmosphériques sont également une source importante d’azote, en particulier dans la mer du Nord au sens large, bien que les retombées d’azote aient diminué de 31% entre 1995 et 2014. Dans certaines parties du sud-ouest de la mer du Nord cependant, des apports élevés de nutriments ne causent pas d’effets d’eutrophisation. Ceci pourrait être dû à l’éclairement restreint des eaux turbides ou au mélange vertical des eaux.

La mer du Norvège et la mer de Barents (eaux Arctiques) sont classées comme zones sans problème d’eutrophisation. Dans la mer du Nord au sens large, les mers Celtiques et le golfe de Gascogne, plus de 100 zones d’évaluation situées dans les eaux intérieures et les eaux côtières sont classées comme zones à problème d’eutrophisation, quelques eaux du large étant classées comme zones à problème.

Des zones à problème, ou à problème potentiel d’eutrophisation se trouvent dans les eaux côtières le long du littoral de tous les pays ayant notifié (Figure 2). C’est dans la mer du Nord au sens large que se trouve la plus grande superficie classée comme zone à problème d’eutrophisation (environ 98 000 km2) ou zone à problème potentiel (environ 19 000 km2). De grandes zones à problème ont été identifiées le long des côtes de la mer du Nord, s’étendant de la Belgique au Danemark, et dans les eaux danoises et suédoises du Kattegat et du Sund. Des zones à problème plus petites (5–400 km2) ou à problème potentiel d’eutrophisation se trouvent dans la mer du Nord au sens large le long des côtes de la France, du Royaume-Uni et de la Norvège (Figure 2).

Dans les mers Celtiques, de nombreuses petites zones d’eaux intérieures et d’eaux côtières sont classées comme zones à problème (environ 500 km2) ou à problème potentiel (environ 2 100 km2) d’eutrophisation le long des côtes du Royaume-Uni et de l’Irlande et sur la côte bretonne de la France. Dans le golfe de Gascogne deux zones sont classées comme zones à problème (environ 800 km2) et la moitié des zones sont classées comme zones à problème potentiel (environ 3 900 km2) d’eutrophisation.

Figure 2: Etat d’eutrophisation des zones évaluées dans les eaux Arctiques, la mer du Nord au sens large, les mers Celtiques et le golfe de Gascogne, de 2006 à 2014.

Zones à problème (indiquées en rouge), zones à problème potentiel (indiquées en jaune) et zones sans problème (indiquées en vert) en ce qui concerne l’eutrophisation. L’emplacement des zones à problème et des zones à problème potentiel dans les eaux intérieures et les eaux côtières de l’Irlande, de la Norvège et du Royaume-Uni est indiqué par des cercles car les zones évaluées sont trop petites pour être représentées en fonction de leur étendue. Les zones indiquées en blanc ne sont pas évaluées

Les résultats indiquent que l’eutrophisation exerce des pressions importantes dans certaines parties de la mer du Nord au sens large et des mers Celtiques.

Les apports atmosphériques et fluviaux de nutriments dans la zone maritime OSPAR ont néanmoins diminué depuis 1995. L’étendue géographique des zones à problème d’eutrophisation a diminué dans les eaux de six pays et demeure inchangée dans deux pays, par rapport à la deuxième évaluation intégrée de l’état d’eutrophisation (2001–2005). On a relevé une petite augmentation de l’étendue géographique de zones à problème dans un seul pays. Selon la troisième application de la Procédure commune, l’étendue géographique des zones à problème a diminué dans presque tous les pays par rapport à la première évaluation intégrée de l’état d’eutrophisation (1990–2001).

Further information can be found in Chapter 4 and Annexes 1, 2 and 3 of the Third OSPAR Integrated Report on the Eutrophication Status of the OSPAR Maritime Area.

Conclusion

Les résultats de l’évaluation intégrée de l’état d’eutrophisation pour la période de 2006 à 2014 révèle que l’eutrophisation se manifeste toujours dans la zone maritime OSPAR, en particulier dans les zones sensibles aux apports de nutriments, telles que les estuaires, les fjords et les baies et les zones affectées par les panaches fluviaux. On relève en particulier que l’eutrophisation exerce des pressions élevées dans la mer du Nord au sens large, des zones à problème côtières localisées se trouvant dans la mer Celtique. L’étendue géographique de l’eutrophisation a diminué dans la zone maritime OSPAR depuis 1990 mais les préoccupations causées par les apports atmosphériques et fluviaux de nutriments, identifiées dans le QSR 2010, subsistent.

Lacunes des connaissances

Il y a lieu que les critères harmonisés, utilisés dans l’application de la Procédure commune afin d’identifier toute eutrophisation, soient solides du point de vue scientifique et que leurs niveaux d’évaluation soient propres à une zone.

On pourrait améliorer les outils d’évaluation et de catégorisation des zones afin d’obtenir une compréhension commune de leur méthode d’application et de la manière de les interpréter.

Des données et informations sur certains effets directs et indirects de l’eutrophisation sont absentes pour certaines zones.

Actuellement, les indicateurs communs sont évalués indépendamment de l’application de la Procédure commune. Il serait souhaitable d’intégrer les évaluations d’indicateurs dans l’évaluation de l’eutrophisation dans le cadre de la Procédure commune.